L’artiste moyen au cœur de ce feuilleton n’a pas de nom, c’est un type. Il est polonais, mais il pourrait tout aussi bien être belge ou canadien. Dans la dernière phrase, au sujet de son identité, l’auteur nous prévient : « Et s’il vous plaît, ne demandez pas de qui il est question [...]. Après tout, tout le monde a son artiste moyen préféré. » Au fil de la lecture, nous pouvons cependant nous poser l’angoissante question : « Sommes-nous nous-mêmes des auteur·rice·s ou des lecteur·rice·s moyen·ne·s ? » Peut-être est-ce pour cette raison que nous avons retenu, dans la traduction, le mot moyen plutôt que médiocre.
Le moyen
Le triomphe de l’artiste moyen
Le “moyen” et les pièges de la perfection
Le « moyen » (Mittelmaß en allemand) a mauvaise presse. Le mot est souvent employé de manière dépréciative, rabaissante. Quelque chose n’est finalement que moyen. Quand on parle de moyen, on juge des résultats et des compétences personnelles ; le produit et le producteur sont étroitement liés. Le terme suppose une échelle générale de qualités et de compétences et marque une flagrante distance par rapport à l’excellence. Ce qui est classé comme « moyen » n’est certes pas sans valeur, mais relève d’un second ou d’un troisième choix.
Éloge du milieu
La vie d'une passion tempérée
Garages
Un garage ? Est-ce important ? Eh bien oui, c’est ce que nous montre Thomas, sociologue, à partir du cas d’une ville allemande où il a mené une étude sur le sujet.
Journal d’une astronaute
En tant que bénévole dans un Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), Nathalie mène une ethnographie sur l’implémentation d’une initiative intergénérationnelle dans ce type de milieu de vie.
Entretien avec David Le Breton
Siggi s’intéresse au parcours biographique des socio- logues et à la place qu’il occupe dans leurs enquêtes. Pour ce douzième numéro, nous avons rencontré David Le Breton, sociologue et anthropologue du corps. On lui doit une cinquantaine de livres sur des thèmes aussi variés que le risque et l’adolescence, la douleur et les émotions, le visage et le sourire, les cica- trices et le tatouage, la marche et le vélo, le silence et la conversation.
Le roman des indices
Étourdi par ses recherches sur l’herméneutique, Denis a manqué l’appel de textes de notre numéro précédent sur les indices. Il est pourtant l’auteur de L’interprétation des indices : enquête sur le paradigme indiciaire avec Carlo Ginzburg (Presses universitaires du Septentrion, 2007). Voici donc sa superbe ré- flexion sur ce thème passé.
Raphaëlle Corbeil
Après une maîtrise en sociologie et un passage comme enseignante au collégial, Raphaëlle travaille au- jourd’hui comme journaliste indépendante. On peut la lire dans Le Devoir, Québec Science et La Gazette des femmes, et entendre ses chroniques à la radio de Radio-Canada.
Le vin contre l’intelligence artificielle
Mircea est sociologue du travail. Il analyse, dans ses recherches, l’émergence de l’intelligence artificielle et ses effets sur l’emploi. L’idée de ce texte lui est ve- nue un soir, dans son salon, tandis qu’il sirotait un verre de vin en compagnie d’ami∙e∙s. Il s’agit d’une réflexion expérientielle, nourrie par ses usages de l’IA et sa pratique sociale du vin.
La théorie est un pari
À la suite du décès de Howard S. Becker (1928-2023), Thomas revient sur l’approche et la posture du sociologue. Il se pose la question : « Qu’est-ce que la théorie ? »