À travers ce qu’il a pu dire autant que par l’admiration qu’a suscité dès les années 1880 son œuvre, Monet est devenu, de son vivant, une légende dont il est difficile de se défaire. Ses lettres, dans lesquelles il livre sans détour ses inquiétudes, ses petits tracas, ses enthousiasmes et ses regrets, s’avèrent d’autant plus utiles pour comprendre qui était l’homme… et à quel point il était peintre.
Monet, une vie pour la peinture
Monet au fil des lettres
La naissance d’un peintre
C’est, pour ainsi dire, entre Honfleur et Le Havre qu’est né le peintre Monet. Travaillant en compagnie d’Eugène Boudin et J.B. Jongkind, en qui il reconnaîtra plus tard ses deux maîtres, il mûrit, au cours des années 1860, leur leçon de peinture face aux paysages de ciel et de mer, tout en affirmant dès 1865 au Salon, parmi l’avant‑garde, un tempérament singulier.
Une nouvelle peinture
Riches par l’abondance de la production et la variété des sujets, les années 1870 sont jalonnées de chefs-d’œuvre qui contribuent à établir définitivement la gloire de l’impressionnisme. Perceptible dans le choix de certains motifs et l’audace des cadrages, l’autorité de Monet frappe aussi dans la façon dont il déploie librement toute une gamme de touches pour capter les vibrations de la lumière.
Une recherche au long cours
Une fois ancré à Giverny, Monet alterne durant les années 1880 travail sur le motif le long de la Seine et campagnes de peinture menées sous différents climats, en Bretagne, dans le Midi, en vallée de la Creuse. Virtuose, il adapte à chaque site sa touche, ses effets de cadrage et de chromatisme, amorçant une approche sérielle face aux variations de la lumière, du ciel et de l’eau.
Monet à l’avant-garde
Les années 1890 voient Monet, à partir de son travail en Creuse, développer une démarche tout à fait originale pour son temps, qui consiste à s’emparer d’un motif et à le peindre à différentes périodes de l’année ou à différentes heures du jour, pour saisir les variations qu’il subit par les changements d’atmosphère et de lumière. Ancrée dans le travail mené à partir de la fin des années 1870, cette pratique de série atteint, au fil des années 1890, un aspect de plus en plus systématique, qui culmine dans les Cathédrales et les Matinées sur la Seine, où le sujet et l’angle de vue demeurent identiques selon les toiles.
Monet vers le décor après 1900
Le thème des nymphéas ou nénuphars a occupé Monet pendant un quart de siècle, à partir de 1900 environ, soit un gros tiers de sa carrière. Si par leur aspect sériel les « paysages d’eau » se situent dans la continuité des recherches précédentes, l’ensemble regroupé autour de ce thème tient une place à part dans son œuvre et marque un pas supplémentaire vers une conception décorative de la peinture.