"Cette fille que tu n’aimais pas vraiment est tombée malade. Une vraie maladie à en perdre les cheveux. / Cette fille à qui tu as rendu visite sur un coup de tête alors qu’elle ne se sentait pas très bien et que tu n’as plus jamais voulu revoir. / Elle s’en est sortie sans…"
La Honte
Cancer
DI(S)GRESSION : “Repp avec Lacan” par Nicolas LE GOLVAN
"Certains osent tout, entre dicton populaire et mot d'Audiard : on me reconnaîtra. Mais quoi, tout bien considéré, ça se pourrait bien, et même sans rire, que Repp et Lacan nous délivrent le même message. Pierre Repp, le comique bafouilleur et bégayeur, fantôme fragile et attachant des postes de télé de la deuxième moitié du XXe siècle, avec le maître Jacques, analyste prodigieux, causeur..."
DISSIDENCES (huit coups-de-cœur de lecture)
Raymond COUSSE : Stratégie pour deux jambons (éd. Zones sensibles) David DUMORTIER : Au milieu d'Amman (éd. Al Manar) Christophe ESNAULT : Mordre l'essentiel (éd. Tinbad) Claudine GAETZI : Grammaire blanche (éd. Samizdat) Jean-Claude GOIRI : Ressacs (éd. Z4) Julia KERNINON : Ma dévotion (éd. du Rouergue) A. ROLLAND & M. BOUGHRARI : Désert indigo (éd. Stéphane Batigne) Patrick VARETZ : Rougeville (éd. La Contre Allée)
DISJONCTION (regards croisés) : “Le corps lesbien” (Monique WITTIG)
"Douze fragments et onze placards en majuscules (comme 11 radiographies) se font face dans ce texte et s’entremêlent à la manière de la double hélice de l’adn pour répondre à un titre à l’ironie explosive : "Le corps lesbien". Anti-Chansons de Bilitis, le ton et le..."
DISSECTION : questions à Laurent ALBARRACIN
"Où en êtes-vous avec l’utopie ? Je n’ai jamais cru aux utopies, du moins à leur réalisation. Je les laisse à leur non-lieu. Mais je n’ai rien contre les utopies, d’ailleurs, elles servent aussi à savoir ce que l’on veut pour soi…"
A main levée
"Une gifle et puis l’autre Du plat d’une main immense La coiffure démise…"
A l’autre bout
"Des fois J’ai l’impression que mon chien S’il pouvait…"
Holodomor ou l’extermination par la faim
"La porte se referme. Les parfums de charcuterie, de punch et d’accolades transpirantes embaument l’espace. Le spectacle se met en place dans l’entrée. Le chœur est juste derrière, sur le seuil. Il fredonne une mélodie pour apaiser les tensions qui naissent des…"
Dans les yeux de “on”
"On te parle – de haut On te regarde – comme si tu empestais On te sourit – avec…"
L’insigne
"Rasant les murs tête baissée ou sur le fil avec l’enfant balbutiant en toi retranché qui…"
Mauvaise fille
"L’odeur d’éther et de mauvaise soupe nous accueille. Nous suivons le père. Il entre les bras chargés de vide. / Je patiente de longues secondes derrière la masse autoritaire. Je devine mes frères qui s’approchent du lit métallique. Pas feutrés. Mes semelles glissent sur…"
ÉDITO : Dé/m/h/ontées
"La honte, ça ressemble à un anti-sujet. Tapies dans les recoins sombres de l’être, petites ou grandes, tentant d’échapper à l’œil contempteur ouvert jour et nuit comme un commissariat de police, nos hontes baissent la tête et se taisent, n’entrebaillant leurs misères que dans les confessionnaux, avec ou sans..."
Vauban
"Le regard sur moi il voudrait il ne voudrait pas le regard s’appuyer à peine se poser mais m’appuie quand même quand il me frôle / de sa présence / s’appuie m’appuie / sur la nuque mes mots surtout mes mots / Le regard auprès de moi sa place prend de la…"
Solemnia
"Ogresse cyclope qui se tut si longtemps tu sais ce qu’il y a dans un silence quand tu montes les marches vers sa grotte de peau et de fumée tu entres tu as reconnu sur ses lèvres le sourire du père tu soulèves le drap de petit Monsieur le 6 / À vif dans l’air et…"
Pétrichor
"J’ai retrouvé ce cliché de toi tu sais, celui où tu riais à demi nu une clope à la main gauche avec le Frangin qu’on devine au bord, tes yeux fermés je m’en foutais, faudrait que j’en grille des neurones pour oublier tes étangs même encore aujourd’hui. Je voulais en…"
Chamaille de nerfs
"On se réveille. On se maintient dans un semi sommeil. On a ressassé la nuit aux heures creuses. Revu les cotillons pelotonnés en petits tas piétinés sur le lino sirupeux et les joutes verbales où l'on perd plumes et célérité. Ce matin dans la tête ça…
Quartier H
"Lorsqu’une douleur crie, chacun calcule avec son corps la meilleure position pour entendre, voir, se cacher, observer ou fuir. Il faut du courage au paysage pour accepter, entourer, laisser une place. Le corps et la ville ont l’espace en commun. Vieille ville, zone industrielle…"
Revanche
"Non, j’ai pas honte. Non. Pas la peine de me crier dessus comme ça. Contente toi de faire ton boulot et d’appeler les flics. Faut absolument qu’elle me fasse comprendre que voler c’est mal. Que je vais aller en enfer. Et puis quoi encore ? Son budget bouffe à elle…"
La saison de pêches
"D’abord petite. / C’est un jour de poussière et de guêpes énervées. Le vent brûle. L’ombre abrupte rase à peine la pierre des murs. Le gravier que chacun foule d’un pas alenti par la condescendance. Le ciel empli d’un glas traînant. Sinon le silence. Les lèvres..."
Faux pas
"Les mots glissent sur vous sans anicroche, piste blanche cotonneuse. Vous reniflez, peu concerné. Jusqu’à la pierre camouflée au détour d’une gerbe d’ortie. La machine grippe. Vous toussotez. Qu’a-t-il dit, en fait ? Vous rembobinez le discours pompeux qui… »
L’amour, le poulet et tout ce qui s’ensuit
"À l’aube, plusieurs jambes dans mon lit. Impossible de compter. Elles se débattent comme des poules dans une cage étroite. Le bas de mon ventre, cicatrice illisible. D’ailleurs, une femme, je l’aime encore. Elle dort dans une autre ville, après la mer. Elle..."